J 34 - Mercredi 26/4 Hangzhou
Nihao
Hangzhou 杭州 est la capitale de la province chinoise du Zhejiang. La ville est située au fond de la baie de Hangzhou, à 200 kilomètres au sud-ouest de Shanghai. La population de la préfecture est de 9 millioins d'habitants. On y parle un dialecte du wu appelé 杭州话 (Hángzhōuhuà).
Hangzhou fut capitale de la Chine sous les Song du Sud et a été célébrée pour sa beauté.
La ville ancienne, construite au bord du célèbre lac de l'Ouest 西湖 Xīhú possède un riche patrimoine architectural.
Hangzhou fut, de 1127 à 1279, la seconde capitale de la dynastie Song (période des Song du sud). De nos jours, Hangzhou représente la plus riche des agglomérations moyennes en Chine. Lors de sa visite qui remonte à plus de 800 ans, Marco Polo disait que Hangzhou était la plus belle ville du monde. Visiter Hangzhou et sa vieille rue piétonne de Qinghefang (rue commerçante orientée vers le tourisme et la restauration) comblera toutes vos envies.
Le temple de Yue Fei y a été construit en 1221. Quand Marco Polo est venu à Hangzhou à la fin du XIII siècle, la ville n'avait pas encore été détruite par les Mongols en 1276, et était considérée comme la plus grande et la plus belle ville du monde. Odoric de Pordenone, Giovanni di Marignolli et Ibn Battûta ont aussi visité la ville.
La ville a été ravagée à de nombreuses reprises par des incendies.
L'Armée populaire de libération entre à Hangzhou le 3 mai 1949, la ville passe alors sous le contrôle des communistes alors qu'elle était gouvernée par le Kuomintang depuis 1928.
Le lac de l'Ouest fait environ 15 km de circonférence, avec une profondeur moyenne de 2,27 mètres ; sa capacité est de 14 290 000 mètres cubes d'eau. Il est entouré de montagnes et par la ville. Le lac est coupé par une voie piétonne où l'on jouit d'un plus grand calme. La périphérie du lac est accessible en automobile ; la circulation lors des fins de semaine y est très difficile, engendrant d'énormes embouteillages le long du lac (le système routier est sous-dimensionné à cet endroit).
Le Grand Canal de Beijing-Hangzhou est l’un des canaux les plus longs, les plus anciens du monde. Il commence à Pékin et termine à Hangzhou, sa longueur totale est 1750 km. Il a une histoire de presque 800 ans et une grande importance, il relie le Yangsté, le Fleuve Jaune, le Fleuve Huai, le Fleuve Hai et le Fleuve Qiantang et pousse le développement de l’économie, les échanges culturels dans les régions ouest de la Chine.
Le long du canal se trouvent des témoignages du passé historique de la ville :vieilles ruelles, antiques bâtiments, ainsi que des traces rappelant certaines figures historiques qui font partie intégrante de l’histoire culturelle de Hangzhou. Une route touristique de 20 km longe le bord de Grand Canal.
Il a été fondé par Hu Xueyan avec le style architectural du sud en 1874, situé au 95 Dajing Lane ( 大 井巷 ) le long de West Lake à Hangzhou , province de Zhejiang.La pharmacie a ouvert en 1878 à un coût de plus de 200 mille taels et a opéré le principe de Taiping Huimin et les agents du Bureau ( 太平 惠民 和 剂 局 方 ). Il a fait plus de quatre cents types de médicaments en recueillant des ordonnances secrètes, a prouvé des recettes et combinant la pratique clinique. [1]
Hu Qing Yu Tang est devenu le seul musée de médecine chinoise. En 1988, il est devenu une unité nationale de protection des reliques culturelles. [2] Il y a cinq parties:
Dajia hao,
Je vous avais laissés hier après mon arrivée à Hangzhou, mon installation dans mon auberge de jeunesse et un diner au marché de nuit, très fréquenté malgré la pluie qui s'est remise à tomber par intermittence.
Le marché de nuit se situe dans le quartier de la Porte du Tambour, Chao Tian men, détruite puis reconstruite en 1474.
On propose, à ce marché, plein de gadgets et d'objets à la mode, les spécialités de Hangzhou : vêtements et objets en soie, ciseaux et objets en cuivre, plantes pharmaceutiques, thé Longjing et j'ai même pu dénicher de vieux albums de Tintin en chinois et en petits formats qui feront des heureux à mon retour.
Une belle balade dans les rues piétonnières du centre de la vieille ville, me fait passer devant un musée de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), qui possède 2 entrées, dans la Qinghefang et la Dajing Lane 大 井巷, que je visiterai demain dans la journée, quand il y aura moins de monde.
Les petites rues de Hangzhou sont très agréables et un peu moins fréquentées et bruyantes que Qinghefei, saturée de touristes et très bruyante. J'ai plaisir à flâner (entre 2 averses ...) le long des petits canaux, qui, comme à Lijiang au Yunnan, empiètent le long des rues.
De charmantes petites boutiques de mode, de décoration voire même d'antiquités se cachent dans ces ruelles. Décorées avec beaucoup de charme. Un look un peu bohème.
Et aux façades toujours décorées de plantes à profusion.
Malgré tout, beaucoup plus chères que toutes les villes où j'ai séjourné jusqu'à présent. On sent que le niveau de vie est beaucoup plus élevé ici.
Jumelée avec Nice, Hangzhou séduit tous les voyageurs y ayant séjourné, et ce, depuis des siècles. Son Lac de l'Ouest a fait le tour de la Chine et est considéré comme l'un des paysages qu'il faut avoir vu dans sa vie. Véritable paradis sur terre d'après Marco Polo, tout dans cette ville en pleine nature incite au repos et aux loisirs. Hangzhou est d'ailleurs considérée comme le parfait exemple de la coexistence entre les hommes et la nature.
La ville se développa grâce à la construction du Grand Canal qui reliera Hangzhou à Pékin et fera de la ville l'une des plus prospères de Chine. Sous le royaume de Wuyue au Xème siècle et la dynastie des Song du Sud de 1127 à 1279, Hangzhou est faite capitale ; c'est l'une des sept capitales d'où l'Empire du Milieu a été gouverné. C'est alors l'une des villes les plus peuplées dans le monde pour l'époque et Hangzhou s'enrichit grâce au commerce de la soie, de la porcelaine et du papier.
Dès la dynastie Tang, des poètes, artistes et écrivains commencent à décrire sa beauté. D'où les très célèbres dictons « Au ciel, il y a le paradis, sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou » ou encore « il faut naître à Suzhou, manger à Guangzhou, vivre à Hangzhou et mourir à Liuzhou ». Enfin, même Marco Polo décrit cette ville comme étant « la plus noble des villes, la ville du paradis ».
Aujourd'hui, la ville n'a pas perdu en beauté et attire de plus en plus de voyageurs venu des quatre coins du monde, bien que les niçois, dont la ville est jumelée avec Hangzhou, ne soient pas très nombreux. Les modes de vie mais aussi le niveau de développement, la facilité d'accès, les paysages naturels et les reliques culturelles rendent le séjour des plus agréables.
Mais Hangzhou est aussi une ville très moderne, équipée d'un métro de pointe composé de 3 lignes, siège de nombreuses entreprises, en particulier de nouvelles technologies et de digital, et c’est là que se trouve le quartier général du groupe Alibaba. Le dernier G20 a eu lieu aussi à Hangzhou
Les anecdotes du thé de Longjing
Le nom du thé de Longjing date de la Dynastie des Song, le thé fut produit dans les lieux autour du lac de l’Ouest, connu par « le thé est vert; la note est parfumé, le goût est sucré, la forme est jolie».
Sur le thé de Longjing, il y a une histoire amusante. L’empereur Qianlong(au règne entre 1736 et 1795) de la Dynastie des Qing visita et inspecta à Hangzhou, il goûta le nouveau thé de Longjing local, puis il fut séduit par les filles qui firent la cueillette du thé, il apprit à cueillir le thé aussi. À ce moment-là, un cortège se dirigea vers lui et dit que la mère d’empereur tomba malade. L’empereur Qianlong s’inquiéta beaucoup de la santé de sa mère, il mit les feuilles du thé dans ses manches, et retourna à Pékin.
En effet, la mère d’empereur ne fut pas malade, elle eut seulement une digestion difficile, elle pensa à son fils puis elle ne sentait pas bien. Quand elle vit son fils, elle se guérit. Soudain, elle prit des notes parfumées et était séduite par ce parfum. L’empereur sortit les ces feuilles du thé et ajouta de l’eau bouillie, le goût du thé était très sucré. Sa mère se guérit tout à fait.
L’empereur Qianlong fut très content par cet effet magique du thé de Longjing. Il nomma les 18 théiers devant le temple de Longjing « le thé royal», donc le thé de Longjing fut devenu le premier thé de la Chine. De plus, les feuilles du thé qui étaient déposées dans les manches, furent devenues tout plates. Après les feuilles du thé de Longjing sont faites en forme plate. En 2005, dans une enchère organisée à Pékin, le prix initial de « le thé royal» est de 80000 RMB pour 100g, finalement, le prix conclu est de 145600 RMB pour 100g, même plus cher que l’or.
Le processus de fabrication du thé de Longjing
La cueillette du thé
En général, la période de cueillette est de 190 jours~200 jours, un théier peut accepter la cueillette en 22 fois par an. Quand il fait beau, après cueillir les nouvelles feuilles, les mailletons poussent très vite dans moins de 3 jours. Mais après 9 fois de cueillette, le théier est en hibernation. Jusqu’au début de l’été, les mailletons poussent à nouveau. La longueur des feuilles fraîches ne doit pas dépasser 2cm. Pendant la cueillette, ne choisir pas les feuilles cassées, il faut aussi garder les mailletons. Les travailleurs cueillent les feuilles du thé en utilisant les deux mains, ainsi que mettent les feuilles dans les paniers.
Le niveau du thé
La condition de cueillette du thé déterminent le niveau du thé. Le thé de Longjing avec le plus haut niveau est le thé avant la fête de Qingming, cela veut dire que la cueillette et la fabrication sont finies avant la fête de Qingming. Après la fête de Qingming, mais avant le 20 avril, le thé de Longjing est moins bon.
La façon de sauter du thé
Normalement on utilise le bois ou de charbon pour sauter les feuilles du thé, le contrôle de chaleur est très important. Maintenant, pour faciliter le contrôle de la température, on adopte le pot électrique. Il y a deux procédures pour sauter du thé de Longjing. La première procédure est de sécher eu feu pour enlever de l’eau et de reformer préliminaire, cela met environ de 12 à 15 min. La deuxième procédure est de reformer encore une fois et enlever de l’eau complètement. Cela dure environs 25min. Il y a 5 façons techniques manuelles pour sauter les feuilles du thé, chaque fois il faut augmenter la pression de la main.
Sauter du thé est un travail dur. Les mains ne doivent pas toucher au fond du pot, mais il faut toucher les feuilles du thé, la température est de 60℃. Pour les débutants, les mains sont brûlées. Mais quelques années plus tard, leurs mains sont pleines de callosités. La technique de sauter du thé passe par la génération en génération. Les débutants commencent à apprendre comment allumer le feu quand ils sont encore adolescents, ils obtiennent une très bonne technique après vingt ans de travail.
Sauter du thé de Longjing est toujours en petite quantité chaque fois, et exige un certain temps. Un travailleur qualifié peut seulement sauter 1 kg du thé sec chaque jour. Bien que la machine à sauter du thé soit inventée, mais l’apparence, la couleur et le goût ne sont pas aussi bons que le thé sauté manuellement. Donc le thé de Longjing de très bonne qualité et de haut niveau est fait tout à fait manuellement.
La méthode d’infusion du thé de Longjing
Avant d’infuser du thé, il faut bien choisir les services à thé exquis et gracieux, les meilleurs services à thé sont les verres transparents et non-sculptés. Cela va être facile à admirer le changement des feuilles du thé dans l’eau. Le ratio entre le thé et l’eau est 1∶50. D’abord injecter un quart d’eau dans le verre pour que le thé s’imbibe d’eau, et quand la parfume du thé commence à se répandre, injecter de l’eau bouillie directement dans le verre tout de suite, tirer la théière de haut et en bas pendant 3 fois, afin que les feuilles du thé se tournent dans l’eau. Le thé de Longjing peut être infusé pour 3 fois, le goût de la 2ème fois est le meilleur.
la pharmacie « Huqingyu Tang ». Elle a su garder son style d'antan grâce à ses boiseries anciens et son plafond très haut. Il est encore possible aussi d'y trouver des plantes médicinales traditionnelles telles que le fameux Ginseng que l'on peut acheter à des prix imbattables.
Nihao à tous,
Réveil sous une petite pluie fine et chaude, qui n'a cessé de toute la nuit. Je pars de bonne heure après un capuccino en sachet rapide et quelques brioches achetées la veille. La pluie a cessé, je traverse la rue de l'Ouest transformée en marché grouillant et bruyant. Quel dommage que je parte justement jour de marché, alors que j'adore fouiller dans les marchés, surtout en Chine !
Je regretterai Quanzhou, cette ville aux origines cosmopolites et aux habitants si aimables.
Il m'y reste des tas de choses à voir que, par manque de documentation facile à trouver, lors de la préparation de mon voyage, je n'ai pu appréhender. Peut-être une prochaine fois ?
Mon taxi me dépose à l'immense gare, grande comme un aéroport. La sécurité est omniprésente, on est contrôlés comme dans un aéroport : sacs passés au rayons X, détecteurs de métaux et fouille corporelle et des sacs.... contrôle des passeports, du visa, du billet, etc.
La galère c'est qu'après avoir fait réserver mon billet par la fille de l'auberge, hier soir, je dois attendre pour retirer le billet au guichet.
Bon, autant le dire, faire la queue en Chine relève du sport. On te passe devant sans même te regarder. Les files font 150 personnes et il y en a au moins 30, mais tu sais pas encore si t'es dans la bonne, ou pas... et puis quand il reste 10 personnes devant toi, d'un coup tout le monde change de file et le rideau du guichet se ferme... c'est la pause du guichetier.
Tu recommences sur une file à côté.
Au guichet, tout est écrit en idéogrammes, T'arrives au guichet et surtout ne cherches pas à parler anglais. Là, tu sors tes quelques rudiments de mandarin pour acheter ton billet et l'autre en face part du principe que tu parles mandarin, donc te parles comme à tous les milliers de passagers, à toute vitesse, à travers son haut-parleur grésillant, dans lequel tu comprends rien, sans compter le brouhaha ambiant et les locaux qui te passent devant et viennent acheter un billet directement... au guichetier auquel t'es en train de parler.
Tant bien que mal, t'arrives à expliquer, tu sors ton passeport, le numéro en sera noté sur le billet de train, et enfin : t'as ton billet en main ! Ca a duré 1 heure et c'est le plus beau jour de ta vie !
Après, t'as plus qu'à attendre ton train dans l'immense salle d'attente dédiée à ton train, refaire la queue et repasser aux contrôles de ticket pour accéder au quai.
Et là faire la queue en file indienne devant le numéro de ton wagon.
Bon, me voilà enfin dans le beau TGV chinois où les places sont confortables, larges et avec beaucoup d'espace pour les jambes. On peut même y garder ses bagages sans être gênée. Heureusement, car j'ai quand même environ 700 km à parcourir. Grâce à mes chères boules Quies, je suis un peu épargnée du vacarme ambiant. Car mes voisins, accros à leurs smartphones écoutent, qui de la musique, qui un film, qui un jeu bruyant et crtient à qui mieux mieux !
Le paysage qui défile sous un ciel gris alterne la côte de la Mer de Chine Orientale, les rizières où les jeunes plants de riz sont verts fluo et des petites montagnes couvertes de végétation, émaillées de tombes encore décorées de papiers colorés de la fête de Qingming. Puis on traversera de très grandes embouchures de fleuves qui s'étalent en grands bancs de sable où toute une population laborieuse travaille, gratte, ou même cultive (?). Aidée par les aigrettes blanches au long cou qui s'affairent, comme eux, à gratouiller dans la vase. Dans toutes les villes ou bourgades côtières que l'on traverse, je suis frappée par le nombre de clochers d'églises, visibles de loin et décorées d'une croix rouge. Une région très chrétienne.
En arrivant vers Ningbo (immense ville portuaire d'environ 10 millions d'habitants), les théiers bas et vert très clair apparaissent dans la plaine et commencent à s'étager à l'assaut des montagnes.
J'ai quitté la province du Fujian pour celle du Zhejiang.
Le Zhejiang 浙江 est une province côtière du sud. L'une des plus riches provinces chinoises. Sa population était de 55 390 000 hab. (en 2015) pour une surface de 104 000 km2
Sa côte, découpée, est la plus longue de Chine (6 486 km), elle comprend 3 060 îles. Le climat est subtropical et humide (tout ce que j'aime, je vais encore souffrir !). La région est exposée aux typhons, mais heureusement, je n'en subirai pas.
Les habitants du Zhejiang parlent une variante du dialecte wu qui diffère fortement d’une ville à l’autre.
Je me rends à Hangzhou, et son Lac de l'Ouest, célèbre pour son thé Longjing.
Hangzhou est une des plus belles villes de la Chine, célèbre depuis l’antiquité. Le lac de l’Ouest est le site d’intérêt le plus important de Hangzhou.
Bien qu’étant l’une des plus petites provinces de Chine, le Zhejiang a longtemps été un centre culturel et politique. Refuge pour les penseurs et les artistes, la région a su préserver cette atmosphère bohème et libérée.
Le Zhejiang possède le privilège de produire "LE" thé de légende, objet d'un véritable culte en Chine, le Long Jing (Puits du dragon) dont je vous parlerai plus amplement, plus tard.
Le jardin du thé de Longjing couvre une superficie de 600 ha, dont la quantité de production annuelle est de plus de 500 tonnes environ.
Me voilà arrivée à la grande gare de Hangzhou, moderne et située assez loin de la ville. Déjà des visages d'étrangers, je me trouve dans une ville hautement touristique !
En taxi, je me rends à mon auberge de jeunesse. Il roule à une vitesse folle et se dirige vers le centre de la vieille ville en traversant des quartiers modernes, des beaux immeubles design et des larges avenues bordées d'arbres et très fleuries.
Arrivés au centre ville, on ne peut aller plus loin, le quartier est pietonnier et envahi par une foule énorme de touristes.
Mon auberge se trouve dans une rue perpendiculaire à la célèbre rue Hefang jie, rue historique et la plus fréquentée de Hangzhou : commerçante, pleine de touristes et extrèmement bruyante. Et, je l'apprendrai, qui ne dort pas beaucoup la nuit...
A l'auberge, pas de chambre seule, ils me casent dans un dortoir où je choisi un lit du bas dans une chambre de 4, encore vide. Pour la 1ère fois de mon long séjour, j'aurai un vrai matelas, bien épais.
Dans la pièce principale, à la fois cuisine, salle à manger et salle de cinéma, le père aubergiste finit une sieste tardive, sur l'estrade. Le vacarme de la rue ne semble pas le déranger.
J'irai me balader ensuite dans cette rue infernale où tout le monde se bouscule, crie, achète, et bouffe, bouffe bouffe, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
Pour ma part, ce sera un riz cuit dans un tronçon de bambou, au marché de nuit. Là où les triporteurs s'installent pour cuisiner et les clients prennent place sur des petites tables derrière eux.
Et des brochettes de táng húlu 糖葫芦, des azéroles caramélisées que l'on vous préparer devant vos yeux. Un délice.
Je vous raconterai ma soirée plus tard.
Zaijian.
Nihao à tous,
Passé une soirée très agréable sur la terrasse de mon auberge, à l'abri de la pluie, mais dans la fraîcheur, les parfums de terre mouillée et les chants de moines bouddhistes du Temple Kaiyuan situé en face.
La jeune aubergiste me tient compagnie et me propose de réserver et de payer mon billet de train pour Hangzhou, grâce à son appli sur son téléphone. Je n'aurai qu'à aller le retirer à la gare avant de prendre le train, samedi 22. Bonne occase, ça m'évitera d'avoir à faire la queue pendant un temps indéfini.
Elle commande également un dîner de poisson dont nous nous régalerons ensemble, un gros poisson blanc très ferme, que je n'arriverai pas à identifier, avec de très longues arêtes et une peau épaisse et gélatineuse, mais néanmoins délicieux. En cherchant sur nos dicos sur nos téléphones respectifs, il s'avèrera que c'est un poisson-perroquet.
Bon, je ne vous détaillerai pas la nuit qui fut super humide et moite, donc longue, longue, longue.....
Le matin, au programme du jour : le Musée des Marionnettes 木偶艺术馆. Quanzhou est célèbre pour la délicatesse de ses petites marionnettes à gaine, et également de ses marionnettes à fils qui lui ont attiré une notoriété internationale.
À Quanzhou, le terme qui désigne les marionnettes à fils, ka lé, veut dire aussi cérémonie du bonheur (jialien en mandarin). Ici, la langue, le minnanhua ou hokkien n’étant pas comprise par les populations alentour, la ville s’est donc alors repliée sur sa culture locale. Elle conserve, dans ses arts et ses légendes, des traditions oubliées ailleurs, qui remonteraient en partie à l’époque des Tang (VIIe-Xe s.). Avec elles, nous remontons aux sources rituelles de l’opéra chinois.
L’origine des marionnettes chinoises remonte à 3.000 ans. Théâtre funéraire à l’origine, il devient un divertissement sous les Song (Xe - XIIIe siècle) et se répand dans toute la Chine et notamment au Fujian.
Au fil des siècles, les marionnettistes étendirent leurs activités également aux mariages, aux fêtes et au culte. Depuis le 12e siècle, cet art est aussi devenu un pur divertissement.
Depuis leur origine, les marionnettes chinoises accordent une grande importance à la doctrine religieuse et morale, mais aussi à l’action et la musique. Elles sont conçues comme des opéras, les marionnettistes étant à la fois récitants, chanteurs et souvent aussi d’excellents musiciens.
Les marionnettes, hautes d’une cinquantaine de centimètres, sculptées dans un bois dur, peintes et magnifiquement vêtues de brocarts, possèdent des bras et des mains articulés ainsi que des jambes aux pieds lestés de semelles épaisses et sonores. Une marionnette équipée de seize à vingt-deux fils peut reproduire tous les mouvements d'un acteur ; mais pour monter à cheval, il lui en faut vingt-huit. Le marionnettiste manipule les personnages, à vue ou derrière un rideau, les pieds des poupées reposant sur le sol. Les mouvements des bras, des mains et de la tête sont très gracieux, mais c'est dans la marche que l'on reconnaît la qualité d'un marionnettiste. Entre les mains d'un virtuose, la poupée est capable de tirer une épée de son fourreau et de l'y remettre, de s'éventer, essuyer ses larmes, se lisser la barbe, boire, écrire, faire un saut périlleux...
La chance étant avec moi, arrivée devant le Musée, un panneau m'indique qu'il est en travaux mais que je peux aller au Théâtre des Marionnettes pour une représentation. Me voilà repartie dans les rues.
La chance me poursuit, au grand Théâtre des Marionnettes, le gardien m'informe que le prochain spectacle aura lieu demain, samedi soir à 19 heures. Ca tombe bien, je ne serai déjà plus là.
Ne nous décourageons pas, un parc me tend les bras. Il s'agit du Parc Tao yuan. Où m'attendent déja, en cette matinée déjà chaude, les séniors qui font leur gym, les bébés gardés par leurs grands-parents, les danseurs, les chanteurs et toute une armée de jardiniers et de balayeurs qui viendront discuter avec moi.
Comme dans tous les parcs chinois, tout est nickel et amoureusement entretenu, les arbres et les fleurs sont magnifiques.
Et avec cette chaleur tropicale moite que j'ai tant de mal à supporter, les parcs sont mes refuges car il y a de l'ombre et j'aime tant leur tranquillité.
Je passerai la soirée, bien arrosée par une pluie de mousson, dans l'humidité de ma chambre à préparer mes bagages pour le départ de demain. Je compte partir de l'auberge à 8 heures pour être à la gare rapidement. Le trajet en train couvre plus de 800 km pour aller à Hangzhou dans la province du Zhejiang.
A demain donc, zaijian à tous.
Nihao à tous,
Je reprends un peu le fil de mon blog pour vous narrer la suite de mon voyage.
Au programme d'aujourd'hui, après une nuit chaude et très humide, balade dans les vieilles ruelles historiques du vieux Quanzhou pour aller visiter la Grande Mosquée. Au milieu des odeurs sucrées de gâteaux et de beignets, épicées de brochettes et d'en-cas salés et fleuries des lis (c'est la pleine saison) dans les magasins jouxtant les temples.
Dans la Ruelle de la Vieille Gare,
entre des habitations historiques pleines de charme,
mes pas m'amènent devant un joli Hall des Ancètres, c'est celui de Dong Yang.
Mon entrée réveille un gardien endormi sur sa chaise, tout heureux d'avoir de la visite, et surtout celle d'une étrangère (d'où viens-tu ? Tu voyages seule ? Tu as quel âge ? etc ...). Il réajuste sa cravate et sa casquette et se redresse pour m'accueillir. Ensuite, il me suivra et tiendra à me commenter l'histoire des lieux et les détails de l'architecture. Je n'en comprendrai que la moitié, mais il est si fier et si heureux. Ce petit établissement a été remis en état en 1999 et, comme le Temple Kaiyuan, il présente une charpente et des plafonds très élaborés avec un enchevêtrement de très nombreuses poutres peintes. Les charpentes initiales devaient être réalisés, elles, sans clou ni vis. Quel boulot extraordinaire !
Egalement des colonnes sculptées avec énormément de délicatesse
et des panneaux de porcelaine et des décorations de faîtage en jiangci coloré d'une grande finesse.
Comme je suis seule, je peux largement profiter de la fraîcheur, du calme et du recueillement du lieu.
La suite de mes déambulations dans les vieilles ruelles me conduisent vers une ancienne maison de thé, malheureusement fermée (en réfection ?).
J'aurais pourtant vraiment aimé y déguster un thé ...
Le plan que j'avais imprimé d'après internet en France m'avait indiqué que la Mosquée Qing Jing était toute proche de mon auberge de jeunesse. Manquait juste l'échelle et surtout, tout un tas de rues dont l'absence va m'induire en erreur. Renseignements pris, on m'envoie un peu n'importe où, comme d'habitude. Sujet d'énervement continuel en Chine : pourquoi vous envoie-t'on dans toutes les directions au lieu de répondre que l'on ne sait pas ??? Je m'en moque, de leur habitude de ne pas vouloir perdre la face !
Bon, ça me permet de faire des tours et des détours et de découvrir un joli parc où je ferai halte au frais (il commence à faire très très chaud), devant le petit temple Tongfo, en compagnie des séniors très occupés à leurs jeux et leurs discussions.
Ensuite, les rues s'élargissent, je sors du périmètre de la vieille ville historique et les constructions deviennent de plus en plus marquées par un style arabe. Je suis donc dans la bonne direction.
Me voilà devant la mosquée Qing Jing 清淨寺, Pure Sérénité, ou mosquée Ashab (Mosquée des Compagnons du Prophète)
C'est l’une des rares mosquée de la dynastie Song encore debout.
Érigée en 1009 par les Arabes, elle a été construite sur les plans d'une des mosquées de Damas en Syrie. Elle fut restaurée en 1309. Une pagode de cinq étages y aurait été construite au cours de la dynastie des Ming, puis détruite lors d’un trembement de terre en 1607.
Avec 1000 ans d’histoire, la mosquée Qinjing est un témoin historique du commerce et des échanges culturels entre l’Asie et les pays arabes. La mosquée est également une relique importante révélant l’état de Quanzhou, qui était alors la plus grande ville portuaire en Chine.
Elle a été construite entièrement en pierre et son architecture typiquement islamique n’affiche aucune influence chinoise et couvre une superficie de 2500 m².
Je ne vous cacherai pas que j'ai été assez déçue. Tout d'abord, car l'entrée est payante. Ce sera le seul établissement, et qui plus est, religieux, où on me demandera de payer, pendant tout ce périple de 6 semaines. Je n'ai rien payé dans aucun musée que ce soit à Shanghai, Quanzhou, Hangzhou ..., aucun parc, même pas dans les Huangshan et les Wuyishan, ni dans les villages anciens de l'Anhui. Et ensuite car on ne peut entrer dans aucun bâtiment. Bref, à part les pierres, y'a rien à voir et d'ailleurs le lieu est bien vide de visiteurs.
Bon, je suis un peu dure, car je suis tombée sur une stèle intéressante.
Il s'agit du décret impérial destiné à protéger l'islam, inscrit par l'Empereur Yongle en 1407. C'était un empereur éclairé qui décida d'établir des relations amicales et transversales avec les peuples que Zheng He decouvrit durant ses 7 expéditions. Afin de protéger les religions des différentes ethnies vivant en Chine, il édicta cette loi pour protéger les musulmans et leur religion.
Sortant de là, j'ai l'impression d'être un peu à Marrakech en voyant les terrasses sur les toits des bâtiments.
Bon, comme il fait faim, je n'a pas de mal à trouver un resto Hui, en face de la mosquée, où je vais pouvoir me faire confectionner des nouilles fraiches étirées à la main.
Je goûte des nouilles en bouillon de légumes avec des tripes.
tellement coriaces que je ne pourrai même pas les croquer !
A côté de la mosquée, j'ai repéré un temple où se pressent, par contraste, plein de gens, et où les cyclo-pousses sont nombreux.
Lui aussi est en plein travaux de réfection et des balustrades gènent un peu l'entrée. Les toitures sont magnifiques, avec leurs crêtes en queues d'aronde, leurs tuiles rondes rouges en imbrices (Tongwa) surmontées de très nombreuses statues en Jiangci, dragons, fleurs, calebasses, etc.,
C'est le Temple de Tonghuai. J'y découvre un culte que je n'avais jamais rencontré auparavant, dans aucune province de Chine. Où l'on vénère un dieu au visage rouge et à la longue barbe noire : il s'agit de Guan Yu, personnage historique de l’époque des Trois royaumes. C'est un dieu très populaire dans les cultes bouddhistes, confusianistes et taoistes. Et surtout très populaire au Fujian, d'où les immigrants emmenèrent ce culte à Taiwan, Hong Kong et dans tous leurs lieux de pérégrinations à travers le monde.
Le personnage de Guan Yu tel qu’il apparait dans l’histoire et la littérature incarne toutes les vertus traditionnelles, particulièrement la fidélité (à la parole donnée, à l’empereur, aux amis), l’esprit chevaleresque, le courage et la maîtrise de soi.
Les fidèles utilisent des bâtons avec lesquels ils tapent, et des petites plaquettes de bois portant des oracles qu'il jettent par terre pour connaître la réponse à leurs questions.
A l'extérieur du temple, tous les devins vous hèlent pour vous prédire l'avenir, avec l'aide de leurs oiseaux dressés à tirer le bon oracle pour vous. Bon, j'aime pas trop l'instrumentalisation des animaux, alors je m'abstiens.
En sortant du temple très enfumé, je vais m'acheter des décos de papiers dans un magasin qui vend des sentences parallèles, des pétards, des lampions, et autres décorations. Une vraie caverne d'Ali Baba !
Je retournerai à mon auberge en acceptant de prendre un cyclo-pousse (électrique !) que je retrouverai d'ailleurs le lendemain dans la rue Xijie et qui viendra discuter avec moi.
La pluie commençant à tomber, je passerai le reste de la soirée avec la mère aubergiste, sur la terrasse de l'auberge à profiter d'une frâcheur salvatrice et de la vue sur les toits anciens. Je suis la seule cliente et elle me soigne !
A demain pour la suite.
Zaijian.
Nihao tout le monde,
Après le Musée de la Marine et sa visite passionnante le matin, me voilà de retour à pied dans mes petites ruelles anciennes, où j'ai croisé ce marchand de soupe bien grasse, réputée très revigorante pour les hommes. Je vous laisse deviner l'ingrédient de base .... inutile de vous dire que je n'y ai pas goûté !
En revanche je me suis régalée d'oeufs brouillés à la tomate, plat très classique chinois, mais tellement bon.
Je ne peux résister au plaisir de vous montrer ce service à thé, bien rangé sur son bateau à thé et bien culotté (c'est le moins qu'on puisse dire ...), croisé sur ma route, à l'entrée d'une maison.
Moment de visite et de repos ensuite dans le parc et le temple Kaiyuan,开元寺 situé juste en face de mon auberge de jeunesse, à 50 mètres.
Le Temple Kaiyuan a été construit en 685, et rebâti plusieurs fois par la suite. En 1960, le temple a été saccagé par les gardes rouges puis rénové. L’ensemble du parc et des bâtiments s’étale sur environ 78 000 m².
C'est le plus grand temple bouddhiste du Fujian, de nombreux vestiges historiques et culturels y sont conservés et il attire beaucoup de monde. Aujourd'hui, jour d'école, plusieurs groupes d'écoliers et d'étudiants s'y trouvaient en même temps que les fidèles.
Le temple de Kaiyuan est composé de plusieurs bâtiments dont le Hall Tianwang, le palais Daxiong, qui couvre une superficie d’environ 1000 m2, le Temple de la douce rosée, le dépositoire de Sutras, le hall des Sutras, et surtout les deux grandes pagodes en pierre, actuellement en réfection et que je n'ai donc pu visiter. En pierres, de cinq étages (48 m de haut), elles sont devenues les symboles de l’ancienne ville. L’une est nommée la Pagode Zhenguo tandis que l’autre à l’ouest est appelée la Pagode Renshou.
Le bâtiment principal possède de sublimes charpentes d'assemblage de poutres décorées de peintures multicolores qui datent de la dynastie des Ming.
L'édifice majeur possède une salle également appelée Baizu Dian (la Salle aux Cent Piliers) en raison des 86 colonnes qui la composent, il renferme 34 figures de bouddha, et 24 statues d’anges.
Dans l’enceinte du temple Kaiyuan, derrière la pagode Est, se dresse un musée qui renferme une immense épave d’une jonque de mer de l’époque de la dynastie Song (malheureusement en travaux, je n'ai pu le voir).
Le parc du Temple est magnifique, ombragé par des grands banians tricentenaires, ancètres aux troncs spectaculaires et fleuri par de nombreux massifs.
J'y découvrirai un arbre sacré que je ne connaissais pas : le pipal.
Le pipal est figuier étrangleur, avec un tronc au diamètre pouvant aller jusqu'à 3 mètres. Ses feuilles ont une forme de cœur, avec une extrémité allongée caractéristique. Son nom viendrait du fait que la feuille pointue ressemble à celle du peuplier.
C'est un arbre sacré pour les bouddhistes, car c'est sous son feuillage que Bouddha a atteint l'Éveil ou connaissance suprême. J'achèterai plus tard des bracelets en graines de pipal qui feront des heureux en France.
Puisque l'on parle de bouddhisme, permettez-moi de faire un bref apparté sur les religions, ici, à Quanzhou. Ce port, point d'arrivée et de départ de la Route de la Soie Maritime, a été la voie d'entrée des différentes religions du monde extérieur (excepté du bouddhisme qui arriva de l'Inde par la Route de la Soie Terrestre).
On trouve donc des mosquées, des églises catholiques, des temples protestants, bouddhistes, taoïstes, confucianistes. Ici, l'une des nombreuses églises catholiques de Quanzhou.
Mais le plus intéressant, pour ceux qui voudraient s'y intéresser, c'est la trace à Quanzhou de religions plus anciennes, comme le manichéisme et le nestorianisme.
Le culte de Mani est devenu en Chine, par homonymie avec le terme bouddhique Muni, le culte moderne de Muni, le Bouddha de la Lumière
La statue présente un certain nombre de caractéristiques typiquement manichéennes et en particulier le symbole de deux nœuds. Les manichéens locaux ont été nommés les adeptes ou les fils des «Deux noeuds» pendant la période Song.
Il existe, dans les environs de Quanzhou, un temple manichéen qui vient d'être remis en état et protégé par l'Unesco. C'est Cao'An, un temple du XIIème siècle, caché sous les apparences d'un temple bouddhiste. C'est le dernier intact en Chine, la majorité ayant été détruit en 843. Je n'ai malheureusement pas pu m'y rendre. Ici ce que dit Wikipédia sur le manichéisme en Chine. https://fr.wikipedia.org/wiki/Manich%C3%A9isme_en_Chine
Le nestorianisme (appelé en Chine l'Eglise de l'Est) a atteint la Chine au 7ème siècle. Au Musée de la Marine, on peut découvrir la preuve d'une présence nestorienne à Quanzhou, apparue pour la première fois au XVIIe siècle, lorsque les missionnaires catholiques remarquèrent des pierres tombales décorées du symbole typiquement nestorien de la croix sur le lotus.
Ici ce que dit Wikipédia sur le nestorianisme en Chine https://fr.wikipedia.org/wiki/Nestorianisme
L'avantage de loger près d'un temple très fréquenté, c'est que plein de petites boutiques vendent des offrandes de fruits et de fleurs, papiers à brûler, encens, statues, le tout plein de parfums entêtants et que les services de cyclo-pousses n'attendent que vous !
Ici les jolis bouquets de fleurs de lotus à porter au temple, en offrande.
Et là, les conducteurs de cyclo-pousses qui attendent un éventuel passager devant le temple.
Je profiterai de la douceur du soir pour arpenter les petites rues toujours aussi animées.
Et pour le dîner, je me ferai confectionner des raviolis dans un restaurant hui (musulman) dont c'est la spécialité, accompagnés du petit bol de bouillon qui sert de boisson.
La journée de demain sera consacrée à la visite de la mosquée Qingjing et la découverte d'un curieux temple.
Zaijian à tous.
Nihao à tous,
Après une nuit désagréable, je fuis mon auberge de jeunesse humide pour aller à la rencontre de l'histoire et du passé maritime de Quanzhou. Car en fait, c'est pour cela que je suis venue dans cette ville, un peu boudée par les guides touristiques.
L'avantage de Quanzhou, c'est que tous les centres d'intérêt et/ou historiques peuvent être rejoints à pied, se trouvant dans un périmètre assez réduit de la Vieille Ville. Donc, direction Musée de la Marine en musardant dans les ruelles pittoresques où j'aime pousser les portes pour entrer dans des recoins cachés.
Et découvrir d'anciens puits dans les cours, ou la petite pagode de Dingxin bouffée par les herbes folles, cachée derrière des portes closes.
Ce petit écolier, dans son uniforme scolaire, m'accompagnera un moment, étonnée que j'entre partout et que je prenne des photos de lieux si banals pour lui.
L'avantage d'être la seule étrangère (je n'en ai pas croisé d'autre pendant mon séjour dans cette ville), c'est que tout le monde vous reconnaît et vous salue ou vous parle, lorsque vous passez devant chez les gens pour la 2ème fois. Comme ici devant le magasin de crèpes fines où je passe tous les jours.
Où l'on me me hèle avec de grands "hellos".
Ou les conducteurs de cyclo-pousses qui sillonnent cette cité où les 2 roues sont rois et qui aimeraient bien que je les fasse travailler.
Bon, revenons à nos moutons, mes pas m'amènent devant le Musée de la Marine et, sur plusieurs étages, je suivrai les périples de Zheng He, le grand amiral chinois qui sillonna les mers, et des habitants de Quanzhou et du Fujian qui essaimèrent le monde.
Autrefois Quanzhou était le port le plus important de Chine. Son nom était Zeiton (en arabe), ce qui donna ensuite le nom "satin" au tissu qui en était originaire. Il était spécialisé dans le commerce des soieries et brocarts.
Marco Polo, qui y séjourna vers 1300, dans le récit fabuleux de ses voyages en Chine, l'avait baptisé l'Alexandrie de l'Orient.
Mais revenons à Zheng He.
En 1405, les Chinois préparent une immense expédition maritime vers l’océan Indien. Les Européens ne dominent pas encore l’océan Indien. Vasco de Gama n’a pas encore atteint Calicut, en Inde. Il lui faudra attendre 1498.
L’amiral chinois Zheng He (1371 – 1433 ap. J.-C) mènera son armada commercer jusqu’à Zanzibar. Cet eunuque, musulman, est au service de l’empereur Yongle (1402- 1424), de la dynastie Ming.
Entre 1405 et 1433, il mènera 7 expéditions. Il passera par presque tous les grands ports des pays du pourtour de l’océan Indien. Sa flotte s’arrête d’abord à Java puis à Sumatra, pour ensuite accoster à Calicut. Il poursuit par la Perse, pousse en Arabie jusqu'à Djedda, après une étape à La Mecque. Enfin il redescend vers l’Afrique orientale.
Certains prétendent qu'il découvrit le premier l'Amérique !
La flotte de la première expédition comptait 317 vaisseaux, dont 62 “bateaux trésors”, d’énormes vaisseaux de 110 à 130 mètres de long et de 50 mètres de large qui pouvaient transporter jusqu’à 500 passagers.
En comparaison, les caravelles de Christophe Colomb de 1492 ne dépasseront pas les 25 mètres de long. Autre exemple, l’Invincible Armada espagnole de 1588 ne comptait “que” 132 navires.
En 1405, les chinois ont encore une très large avance technique sur les européens. Ils utilisent la poudre, le papier et l’imprimerie qu'ils ont inventé. C’est le pays le plus peuplé au monde, qui connait la lettre de change, le crédit. Ils exportent de la porcelaine, de la soie et du thé dont les occidentaux ne connaissent pas les secrets de fabrication, du lin, du cuivre, etc.
Il ne s’agissait pas ici de chercher de nouvelles voies pour commercer, ni d'explorer de nouvelles terres. Les routes maritimes empruntées par la flotte de Zheng He sont connues et fréquentées par les marchands arabes depuis le 7ème siècle.
L’empereur Yongle souhaitait avant tout mener une politique de prestige pour étendre le rayonnement de la Chine, asseoir son pouvoir et celui de la jeune dynastie Ming.
Ainsi, une girafe fut ramenée d'Afrique en Chine dès 1414 et donna naissance à l'animal mythique du qilin.
Bref, ces expéditions n’avaient pas pour but de diffuser une religion, ni de faire de nouvelles conquêtes, ni de coloniser de nouvelles terres et de trouver des esclaves. Nous autres occidentaux aurions dû en prendre exemple !
La dynastie Ming au pouvoir en Chine met fin à ces voyages en 1433, avec la mort de Zheng He. Les armées mongoles et mandchoues, au nord, menacent. Ces expéditions sont onéreuses. La poursuite de la construction de la Grande Muraille devient la priorité. Les Ming privilégient alors une politique isolationniste.
Ces voyages n’eurent jamais de suite. La construction de navire fut interdite. En 1525, un édit impérial décide la destruction des bâtiments existants. Pire encore pour l’Histoire, le vice-ministre de la Guerre fit détruire vers 1479 tous les documents se rapportant à ces expéditions. Le commerce de la Chine avec l’extérieur fut interrompu jusqu’en 1567.
Il faut attendre 1848 pour que le premier navire chinois, le Keying, franchisse le cap de Bonne-Espérance, pour rejoindre Londres.
Arrivée du Keying à Londres en 1848.
Au Musée on peut voir l'épave d'un bateau qui date de la dynastie des Song (960-1206) repêchée en 1974.
Et de très émouvantes traces de 8 millions d'habitants de Fujian qui émigrèrent partout dans le monde.
L'après-midi sera consacrée à la visite du Temple Kaiyuan et je vous narrerai ça dans mon prochain article.
Zaijian.
Niaho à tous,
Dernière journée à Xiamen, avant de partir pour Quanzhou à une centaine de km de là.
Ce sera rangement, repos et balade dans mes quartiers préférés où les petits magasins sont si agréables pour profiter une dernière fois de l'ambiance décontractée et moderne de Xiamen.
En particulier de ma petite rue du quartier aux chats, juste à l'entrée de l'auberge de jeunesse. Ici, le Xiamen maomi bowuguan, Musée des Minets, est en fait un magasin :
Je m'émerveille que, dans des endroits, pas plus grands qu'une armoire, on puisse créer un restaurant ou une petite boutique, comme ici ce fleuriste, qui a réussi à caser ses petits pots dans un bout de couloir. (et même à trouver une petite place pour son tabouret rouge ...)
Après-midi à l'ombre des grands banians du Temple Nanputuo, situé, lui aussi à côté de l'auberge de jeunesse.
Mon dîner sera constitué de délicieuses crevettes sautées au wok (comme presque tous les jours) et d'une poelée de coques, choisies vivantes dans leurs aquariums respectifs, et servies avec des baguettes. Finalement, je m'en tirerais pas mal. C'est aussi pratique qu'avec une fourchette.
Après une très bonne nuit de repos et mes adieux à l'équipe de l'auberge, et au chien Papa, direction la gare en taxi partagé avec un jeune homme qui, dans la rue, avisant ma valise, a deviné que j'allais à la gare (immense, comme vous pouvez le deviner) et m'a proposé d'y aller avec moi.
Sécurité oblige, à noter que toutes les gares, de trains, de cars ou de métros sont munies de contrôles électroniques pour vous et vos bagages et que les départs et arrivées sont séparés et non communicants. Vous ne pouvez donc pas vous balader si vous n'avez rien à y faire
Trajet rapide de 70 km, en TGV par un itinéraire qui suit la côte.
Arrivée à Quanzhou 泉州市, dont la population du centre urbain est d'environ 400 000 habitants, ce qui me va très bien puisque mon auberge se trouve dans la vieille ville, comme la majorité des attractions touristiques. La population totale de cette ville-préfecture est d'environ 8 millions d'habitants. On y parle le dialecte minnan.
Arrivée en taxi qui, après avoir traversé les abords modernes, propres, fleuris et très arborés, me laisse dans la vieille ville, dans la Xijie, rue de l'Ouest, partiellement en travaux et totalement encombrée de 2 roues,
en me montrant du doigt l'entrée de la ruelle où se situe mon auberge, trop étroite pour les voitures. A pied, trainant Ulysse, ma valise, qui a commencé à bien se remplir, commence la galère. Galère, galère, car personne ne sait où se trouve cette auberge ... pourtant je suis dans la bonne ruelle et je vais même passer plusieurs fois devant elle sans la voir, et je crève de chaud ! Après avoir tourné et viré, questionné plein de monde, je la trouve enfin ! Faut dire que l'enseigne est minuscule et que l'entrée, dans un vieux bâtiment, n'est pas très engageante.
La chambre sera à l'avenant : très humide, sans fenêtre et donc sans aération, avec une salle de bain rudimentaire. Bon, j'ai réservé pour 5 jours, on verra bien. L'avantage, elle est en plein centre de la vieille ville, dans un quartier très vivant, très commerçant et face au grand Temple de Kaiyuan, je suis la seule résidente, la gérante est aux petits soins pour moi et j'ai un salon et la télé !
Un peu de révision d'histoire et de géo : Quanzhou est située au bord de la rivière Jin, c'était un ancien port marchand international et c'est l’un des plus grands ports marchands de Chine.
Ayant été le point de départ de la Route maritime de la Soie, elle accueille une mixité d'influences et de religions : christianisme, bouddhisme, islam, taoïsme, manichéisme se confondent ici, ce qui lui donne le surnom de « Musée des religions du monde ». Ce mélange de culture à fortement laissé des traces que l’on retrouve dans les bâtiments et les sites historiques.
Les rues sont ombragées par de grands arbres (ici des ficus) et les bâtiments possèdent des qilous (arcades) où il fait bon être à l'ombre du soleil qui tape toujours très fort.
En fait, la vieille ville est géniale et pleine de charme, toute en petites ruelles charmantes, en maisons anciennes jamais retapées, pleines de petits commerces traditionnels bruyants et odorants.
En revanche, c'est la ville des 2 roues. Je n'en ai jamais vu autant, des vélos, des scooters électriques, des tricycles, des pousse-pousses, des motos, partout et dans tous les sens.
Et même quand la nuit tombe !
A Quanzou, on croise des cyclistes transportant des portes, des armoires ou même des lits ...
Quand on ne les porte pas sur son dos, comme cette dame
Bref, dans cette ville toute me plait (hors ma chambre !) et je sens que je vais beaucoup me plaire. La soirée, moins chaude que la journée, me permet de traîner dans les rues éclairées, toujours animées et toujours tranformées en autoroutes pour 2 roues.
Je trouve de quoi dîner dans un resto de canard, près de la place de l'horloge construite par les français.
Je vous narrerai le reste demain.
Zaijian.
Nihao,
Aujourd'hui, c'est dimanche de Pâques et mon projet est d'aller faire une petite visite aux catholiques de Xiamen, dans une église que ma copine de l'auberge m'a recommandée.
Direction le quartier de Zengjian, situé au nord-est de Xiamen, le long de la mer. Un peu déboussolée en arrivant car il s'agit d'un quartier hyper fréquenté et je ne vois aucune église à l'horizon. On pénètre dans les petites rues anciennes qui le composent par un porche que jouxte un KFC !
Bien sûr, quand je demande où se trouve l'église, on m'envoie un peu partout, au nord, à droite, à gauche. Et je dois circuler dans les ruelles bordées de magasins sans apercevoir la fameuse croix qui m'indiquera que je suis dans la bonne direction.
On y vend toutes sortes de nourritures et d'objets, comme ici ces pieds de porc fumants (il est 10H !)
ou ces omelettes aux huitres
Enfin, la voilà,
la messe, déjà commencée est retransmise à l'extérieur pour les personnes qui restent dehors. Seule étrangère, je n'arrive pas à faire une entrée discrète et le prêtre me voyant arriver, descendra de l'autel pour venir m'accueillir et me placer au 1er rang.
Ici ma place au 1er rang, occupée par mon sac à dos, Kipling, et l'oeuf dur que l'on m'a offert. A côté, la place libre du prêtre, qui me rejoindra lors des chorales et me traduira les chants en anglais.
Découverte, sur les 2 grands écrans, des cantiques, et de leur mode de notation musicale très simple. Mais bon sang, pourquoi n'apprend-on pas le solfège aux petits enfants avec ce mode de partition si simple ?
Je serai reçue comme la reine d'Angleterre et la petite fête qui suit l'office sera très gaie, arrosée de thé et pleine de rencontres et de discussions agréables.
En quittant ce lieu il se met à tomber une petite pluie fine, genre bretonne. KFC m'offre un refuge pour me désaltérer et m'asseoir. Mon étonnement est grand de voir que, comme chez Ikea ou Starbuck, les chinois utilisent ces lieux pour venir s'asseoir en famille, sans consommer et peuvent y rester très longtemps, même y faire la sieste.
Après les catholiques, je vais voir les bouddhistes. Pas de sectarisme ! (A Quanzhou, j'irai aussi chez les taoïstes et les musulmans). Ce sera la visite du grand temple de Nanputuo où je passerai l'après-midi et où j'assisterai à l'office du soir.
Le Temple de Nanputuo, 南普陀 est le temple le plus fréquenté de Xiamei.
Il est situé en plein centre de l'île, à côté de la grande université et est adossé à la chaine de collines surnommée les 5 vieux bonshommes de Wulaofeng.
Ce temple bouddhiste est situé face à la mer et a été dédié à Maitreya (bouddha du Futur).
Le temple de Nanputuo est extrêmement attractif, il attire beaucoup de monde. Il accueille également beaucoup de moines bouddhistes dans son monastère moderne situé à l’est du temple.
Il déroule l'habituelle série d'édifices des temples bouddhistes.
Dans la première salle (Tianwang Dian, salle du roi des Cieux), la statue de Maitreya, face à l'entrée pour accueillir les fidèles, juste derrière, Weituo, l'un des gardiens du bouddhisme (celui-ci tient un bâton entre les doigts, pointé vers le bas pour indiquer que le temple est assez riche pour accueillir les moines de passage).
Ensuite vient la salle du Trésor héroïque (Daxiongbao Dian) contenant les trois figures du bouddha (Passé, Présent, Futur) flanquées des tours de la Cloche et du Tambour. L'édifice central, la salle de la Grande Compassion (Dabei Dian), contient une série de quatre boddhisattvas, au pied desquels se recueillent les fidèles dans l'espoir de trouver la voie.
A l'arrière de cet ensemble, la salle des Ecrits bouddhiques contient une précieuse collection de statuettes en jade (provenant de Birmanie), os et bois rares, et de nombreux écrits bouddhiques.
Le temple de Nanputuo est extrêmement actif. Les fidèles viennent s'incliner les mains jointes devant les différents bouddhas, en tenant des bâtons d'encens. Ce temple est le siège de l'Institut bouddhique du Sud-Fujian, les offices sont fréquentés assidument par les moines du monastère et les fidèles. Pas de photos autorisées de l'intérieur des temples pendant les offices.
Il se trouve dans un parc ombragé très agréable avec la grosse chaleur qui règne.
Et j'aurai beaucoup de plaisir à admirer les lotus qui commencent à fleurir
et à nourrir les carpes et les tortues des bassins avec de petits morceaux de brioches.
Retour à l'auberge où m'attend le chien Papa, tout blanc après un toilettage, le plâtre de sa patte en moins, mais un cornet autour du cou.
A la fin de la pluie je vais déjeuner dans mon petit quartier de la rue aux chats, dans les restos de poissons,
Ce soir ce sera des brochettes de poulpe et calamar.
Ma petite balade digestive m'amène une déception : mon copain Pierre, le poisson-pierre que je venais visiter le soir, n'est plus dans son aquarium. Il a fini dans l'assiette d'un convive. RIP Pierre. Je me console en dégustant des fruits exotiques.
Retour à mon auberge dans les petites rues parfumées par les troènes en fleur et les daturas.
Zaijian et à demain.