Nihao à tous,

Réveil sous une petite pluie fine et chaude, qui n'a cessé de toute la nuit. Je pars de bonne heure après un capuccino en sachet rapide et quelques brioches achetées la veille. La pluie a cessé, je traverse la rue de l'Ouest transformée en marché grouillant et bruyant. Quel dommage que je parte justement jour de marché, alors que j'adore fouiller dans les marchés, surtout en Chine !

Je regretterai Quanzhou, cette ville aux origines cosmopolites et aux habitants si aimables.

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Il m'y reste des tas de choses à voir que, par manque de documentation facile à trouver, lors de la préparation de mon voyage, je n'ai pu appréhender. Peut-être une prochaine fois ?

Mon taxi me dépose à l'immense gare, grande comme un aéroport. La sécurité est omniprésente, on est contrôlés comme dans un aéroport : sacs passés au rayons X, détecteurs de métaux et fouille corporelle et des sacs.... contrôle des passeports, du visa, du billet, etc.

La galère c'est qu'après avoir fait réserver mon billet par la fille de l'auberge, hier soir, je dois attendre pour retirer le billet au guichet.
Bon, autant le dire, faire la queue en Chine relève du sport. On te passe devant sans même te regarder. Les files font 150 personnes et il y en a au moins 30, mais tu sais pas encore si t'es dans la bonne, ou pas... et puis quand il reste 10 personnes devant toi, d'un coup tout le monde change de file et le rideau du guichet se ferme... c'est la pause du guichetier.

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Tu recommences sur une file à côté.
Au guichet, tout est écrit en idéogrammes, T'arrives au guichet et surtout ne cherches pas à parler anglais. Là, tu sors tes quelques rudiments de mandarin pour acheter ton billet et l'autre en face part du principe que tu parles mandarin, donc te parles comme à tous les milliers de passagers, à toute vitesse, à travers son haut-parleur grésillant, dans lequel tu comprends rien, sans compter le brouhaha ambiant et les locaux qui viennent acheter un billet directement... au guichetier auquel t'es en train de parler.
Tant bien que mal, t'arrives à expliquer, tu sors ton passeport, le numéro en sera noté sur le billet de train, et enfin : t'as ton billet en main ! Ca a duré 1 heure et c'est le plus beau jour de ta vie !

Après, t'as plus qu'à attendre ton train dans l'immense salle d'attente dédiée à ton train, refaire la queue et repasser aux contrôles de ticket pour accéder au quai. 

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Et là faire la queue en file indienne devant le numéro de ton wagon.

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Bon, me voilà enfin dans le beau TGV chinois où les places sont confortables, larges et avec beaucoup d'espace pour les jambes. On peut même y garder ses bagages sans être gênée. Heureusement, car j'ai quand même environ 700 km à parcourir. Grâce à mes chères boules Quies, je suis un peu épargnée du vacarme ambiant. Car mes voisins, accros à leurs smartphones écoutent, qui de la musique, qui un film, qui un jeu bruyant et crtient à qui mieux mieux !

Le paysage qui défile sous un ciel gris alterne la côte de la Mer de Chine Orientale, les rizières où les jeunes plants de riz sont verts fluo et des petites montagnes couvertes de végétation, émaillées de tombes encore décorées de papiers colorés de la fête de Qingming. Puis on traversera de très grandes embouchures de fleuves qui s'étalent en grands bancs de sable où toute une population laborieuse travaille, gratte, ou même cultive (?). Aidée par les aigrettes blanches au long cou qui s'affairent, comme eux, à gratouiller dans la vase. Dans toutes les villes ou bourgades côtières que l'on traverse, je suis frappée par le nombre de clochers d'églises, visibles de loin et décorées d'une croix rouge. Une région très chrétienne.

En arrivant vers Ningbo (immense ville portuaire d'environ 10 millions d'habitants), les théiers bas et vert très clair apparaissent dans la plaine et commencent à s'étager à l'assaut des montagnes.

J'ai quitté la province du Fujian pour celle du Zhejiang.

Le Zhejiang  浙江 est une province côtière du sud.  L'une des plus riches provinces chinoises. Sa population était de 55 390 000 hab. (en 2015)  pour une surface de  104 000 km2

 

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Sa côte, découpée, est la plus longue de Chine (6 486 km), elle comprend 3 060 îles. Le climat est subtropical et humide (tout ce que j'aime, je vais encore souffrir !). La région est exposée aux typhons, mais heureusement, je n'en subirai pas.

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Les habitants du Zhejiang parlent une variante du dialecte wu qui diffère fortement d’une ville à l’autre.

Je me rends à Hangzhou, et son Lac de l'Ouest, célèbre pour son thé Longjing.

Hangzhou est une des plus belles villes de la Chine, célèbre depuis l’antiquité. Le lac de l’Ouest est le site d’intérêt le plus important de Hangzhou. 

Bien qu’étant l’une des plus petites provinces de Chine, le Zhejiang a longtemps été un centre culturel et politique. Refuge pour les penseurs et les artistes, la région a su préserver cette atmosphère bohème et libérée. 

Le Zhejiang possède le privilège de produire "LE" thé de légende, objet d'un véritable culte en Chine, le Long Jing (Puits du dragon) dont je vous parlerai plus amplement, plus tard.

Le jardin du thé de Longjing couvre une superficie de 600ha, dont la quantité de production annuelle est de plus de 500 tonnes environ.  

Me voilà arrivée à la grande gare de Hangzhou, moderne et située assez loin de la ville. Déjà des visages d'étrangers, je me trouve dans une ville hautement touristique !

En taxi, je me rends à mon auberge de jeunesse. Il roule à une vitesse folle et se dirige vers le centre de la vieille ville en traversant des quartiers modernes, des beaux immeubles design et des larges avenues bordées d'arbres et très fleuries.

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Arrivés au centre ville, on ne peut aller plus loin, le quartier est pietonnier et envahi par une foule énorme de touristes.

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Mon auberge se trouve dans une rue perpendiculaire à la célèbre rue Hefang jie, rue historique et la plus fréquentée de Hangzhou : commerçante, pleine de touristes et extrèmement bruyante. Et, je l'apprendrai, qui ne dort pas beaucoup la nuit...

 

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A l'auberge, pas de chambre seule, ils me casent dans un dortoir où je choisi un lit du bas dans une chambre de 4, encore vide. Pour la 1ère fois de mon long séjour, j'aurai un vrai matelas, bien épais.

Dans la pièce principale, à la fois cuisine, salle à manger et salle de cinéma, le père aubergiste finit une sieste tardive, sur l'estrade. Le vacarme de la rue ne semble pas le déranger.

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J'irai me balader ensuite dans cette rue infernale où tout le monde se bouscule, crie, achète, et bouffe, bouffe bouffe, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

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Pour ma part, ce sera un riz cuit dans un tronçon de bambou, au marché de nuit. Là où les triporteurs s'installent pour cuisiner et les client prennent place sur des petites tables derrière eux.

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Et des brochettes de táng húlu 糖葫芦, des azéroles caramélisées que l'on vous préparer devant vos yeux. Un délice.

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Je vous raconterai ma soirée plus tard.

Zaijian.