Nihao à tous,

Me voilà arrivée enfin à bon port. Non sans encombre.

Je suis partie de l'auberge de Jingdezhen à 7h30 environ. Sur la grande avenue, pas évident de trouver un taxi libre. Mais la chance me sourit en la personne d'un chauffeur, arrivant

en sens inverse, qui fait demi-tour en me faisant de grands signes. "Tu me reconnais, je t'ai emmenée au musée il y a 2 jours." Super, il m'emmène jusqu'à la gare routière Est. Là, il me demande si j'ai pris mon billet et si il peut m'aider. Vraiment ce type a été adorable avec moi, il se renseignera pour moi et portera ma valise jusqu'au bus. Son compteur marquait 14 Yuans, je lui laisse 100 Yuans, soit 17 euros, ça valait bien ça.

Ensuite, je monte dans le bus qui n'est pas tout jeune. Départ à 8h30, on sort de la ville empoussiérée, en traversant des zones industrielles immenses habritant des entreprises de matériel industriel... en porcelaine. Mais, au bout de quelques temps, problème technique. Le bus stoppe, en plein nulle part. Rien autour, pas d'arbres, rien pour s'asseoir. Au début je ne comprends pas et reste assise à ma place dans le bus. Puis, il commence à faire chaud, et on attend, on attend toujours. Finalement on attendra 2h1/2 que le bus suivant arrive. Là, on décharge le bus de nos bagages et on se réinstalle. Finalement, on y a gagné, le nouveau bus est beaucoup plus moderne.

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Route agréable, des paysages de collines couvertes de forêts de bambou et de camphriers, émaillées de grands catalpas aux fleurs blanches (je ne les connaissais que violettes en France) et de rhododendrons roses et d'azalées rouges. De temps en temps des tombes, que de savants calculs de géomancie ont décidé de placer là, toutes décorées de papiers dorés et de grands éventails de papier multicolores.

 

IMG_0963Plus loin des rizières dans la plaine et ensuite à nouveau les montagnes et le thé. A un péage d'autoroute, le bus me déposera, toute seule, comme ça ! Rebelote, ça devient une habitude. Là, je fais du stop en demandant à 2 femmes arrêtées là en voiture. Elles m'emmèneront en me disant qu'elles ne vont pas plus loin. Je suis confiée à un de leur voisin qui me convoie jusqu'au village de Qingcun (village de l'étoile) où j'ai réservé une chambre à l'auberge de jeunesse pour 5 nuits.

Dans la toute petite rue du petit village, il s'arrête devant une bâtisse. Pas d'enseigne d'auberge de jeunesse à l'horizon et les rideaux de fer sont fermés. Voyant ma mine déconfite, il demande des renseignements aux voisins qui ne savent rien. Puis il appelle le numéro de téléphone figurant sur ma réservation et on lui dit qu'il faut que j'attende 10 minutes. Finalement, le père aubergiste arrive. Il a l'âge d'être mon fils et est d'évidence très décontracté. À l'ouverture du rideau de fer, on arrive dans une espèce de garage, salle à manger, bureau, tout ce qu'on veut, décorée d'affiches et de photos ... et de pneus : c'est la réception de l'auberge....

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Après un très bon thé de bienvenue (un excellent Da Hong Pao), je prends possession de ma chambre : je dormirai ce soir sur un lit fait de 3 gros matelas empilés. Pas de draps, heureusement j'ai mon sac de couchage en soie. En revanche, une belle salle de bain et des toilettes à l'européenne !!

Plein d'énergie, le père aubergiste ne me laisse pas le temps de m'installer et il m'entraîne dans le village pour me montrer les différents arrêts des bus qui mènent aux différentes entrées du site des Wuyi Shan (Montagnes jaunes). Il a des grandes jambes, l'animal, et il fait chaud et je suis fatiguée par mon voyage. Alors je le laisse, il me confie les clés de l'Auberge et je rentre seule.

Il m'a prévenue qu'il y avait 3 françaises à l'auberge. Ce sera mes premières compatriotes rencontrées depuis mon arrivée en Chine. Après une bonne douche, je vais explorer le village, très vivant, qui a tout pour me plaire. Je vous raconterai toute la suite plus tard.

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Mais avant ça, je vous fais mon petit cours de géographie pour vous situer la province du Fujian.

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Le Fujian 福建, = Produit la fortune. Avec le nom abrégé « Min », la province du Fujian fait face à Taiwan, séparée par la Mer de Chine Méridionale et voisine avec Hongkong et Macao. Elle mesure 121 000 km2 , possède 136 000 km2 d’espace maritime, et compte 37 millions d’habitants. Par ailleurs, la province du Fujian, est marquée par une ligne de côte longue de 3300 km, parsemée de plus de 1400 îles et des centaines de baies et de plages. Avec un climat subtropical humide de mousson. La province du Fujian possède une position géographique avantageuse et a une longue histoire de relations sur l’extérieur. Elle a des contacts économiques et commerciaux avec quelque 120 pays et territoires.

Les montagnes ondulées, les rivières et ruisseaux qui s’entrecroisent, les beaux paysages et les monuments historiques lui permettent de devenir une zone touristique importante.

 

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D’après les dernières découvertes archéologiques, le Fujian serait très ancien et daterait de quelque 10 000 ans. Grâce à son ouverture vers l'étranger, le bouddhisme, le christianisme et l’islam ont beaucoup d’influence au Fujian. 14 des 142 temples bouddhistes importants en Chine se trouvent au Fujian. La mosquée Qingjing à Quanzhou est l’une des plus anciennes mosquées de la Chine.

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La province du Fujian est le pays d’origine des ancêtres de quelque 8 millions de compatriotes d’outre-mer et de citoyens étrangers d’origine chinoise ainsi que de 80% des Taiwanais. C'est aussi une province multinationale. Outre les Han, il y a 31 ethnies minoritaires comme les She, les Hui, les Mongols, les Mandchous, les Gaoshan, etc et surtout les Hakkas. La population des She représente 50% de celle du pays.

Les Hakkas 客家人, littéralement «familles invitées» sont des Chinois Han vivant dans le sud de la Chine, qui se considèrent comme les lointains descendants de réfugiés du Nord. Chassés en vagues successives par les guerres, les ancêtres des Hakkas auraient fini par s'installer, après une migration interrompue de haltes, dans une zone située au sud ouest du Fujian où ils reçurent leur nom actuel. Constamment à la recherche de meilleures terres, certains sont repartis pour les îles de Hainan et de Taïwan ou l’une des nombreuses enclaves chinoises à travers le monde. Ils constituent, par exemple, la majorité de la population d'origine chinoise des départements et territoires français d'Outre-mer, comme Tahiti ou l'île de La Réunion. Toujours légèrement en retard par rapport au mouvement général d’expansion des Han vers le sud, ils ont souvent dû se contenter des moins bonnes terres, ce qui a déterminé un certain nombre de leurs caractéristiques culturelles, comme la frugalité et l’ardeur au travail. C'est pourquoi aussi les femmes hakkas n’avaient presque jamais les pieds bandés. La langue hakka, qui comprend quelques variations phonologiques, diffère très nettement du Cantonais et du Mandarin. Réunis, les différents dialectes Hakkas compteraient entre 90 et 100 millions de locuteurs.

Le Fujian est l'une des provinces chinoises les plus prolifiques pour la culture du thé (140 000 tonnes par an, soit 20% du tonnage annuel chinois). La célébrité de la province de Fujian s’explique aussi par la qualité de son thé. Dès avant notre ère, ses feuilles faisaient partie du tribut aux rois et aux empereurs.

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Durant la dynastie Ming, le « Thé de roche de Wuyi» était exporté en Europe et il est encore aujourd’hui la boisson traditionnelle en Angleterre. Il est vrai que les théiers trouvent ici une terre de prédilection, croissant en altitude, au creux de vallées humides, à l’abri d’un ensoleillement trop vif. On les qualifie de Thés de Roche car ils poussent sur un substrat très pauvre, principalement composé de pierres, de lychens et d'herbes rases. Sur ce, zaijian et à demain.